points de non-retour (quais de seine)

alexandra badea

Questionner l’histoire et ses silences, explorer les non-dits de notre mémoire collective, tel est le credo de l’autrice et metteuse en scène franco-roumaine, Alexandra Badea.

 

Quais de Seine est le deuxième volet de sa trilogie Points de non-retour dans laquelle elle met en lumière les zones d’ombre de l’histoire française. Elle exhume ici le massacre de manifestants algériens par la police à Paris en octobre 1961. Dans cet opus, Nora, réalisatrice de documentaires, cherche à reconstruire son passé et à expliquer ses peurs, notamment ses vertiges lorsqu’elle traverse les ponts de la Seine.
Sur le devant du plateau, avec son psychanalyste, on la voit remonter peu à peu le fil de son histoire personnelle. Derrière eux, dans un cadre fermé par un tulle, défilent ses rêves, occupés par Irène et Younès. Ce couple se raconte : leur amour impossible – Irène est pied-noir, Younès algérien – , leur fuite d’Algérie et la répression à leur arrivée en France. Quels liens entretiennent-ils avec Nora ? La scénographie inventive entrecroise les deux récits et dévoile les complexités des secrets de famille. Créé lors du festival d’Avignon 2019, Quais de Seine s’appréhende comme une enquête, un puzzle dont les pièces s’assemblent au fur et à mesure de l’analyse de Nora.
Avec beaucoup de pudeur et de simplicité, Alexandra Badea interroge la responsabilité de l’Histoire dans les parcelles d’intimité familiale. Une œuvre nécessaire.

 

C’est simple, beau et triste. Ça nous raconte et nous apprend peut-être aussi comment nous réinventer. Alexandra Badea fait une œuvre d’utilité publique et de fièvreuse émotion théâtrale.

Télérama, Fabienne Pascaud, 06/07/19

 

Un spectacle finalement très poétique, avec une volonté de tracer deux histoires qui passionnent et touchent. On attend avec impatience le troisième volet !

Inferno Magazine, Emmanuel Serafini, 06/07/19