points de non-retour

Thiaroye / Quais de Seine / Diagonale du vide

alexandra badea

Questionner l’histoire et ses silences, explorer les non-dits de notre mémoire collective, tel est le credo de l’autrice et metteure en scène franco-roumaine, Alexandra Badea. Après Thiaroye, Quais de Seine et Diagonale du vide, elle présente pour la première fois à Bourges l’intégralité de sa trilogie, débutée en 2018.

 

Après sa naturalisation française en 2014, Alexandra Badea se lance dans une gigantesque enquête mêlant passé et présent, histoire intime et histoire nationale. À travers une vaste fiction organisée autour du personnage de Nora, réalisatrice de documentaires, elle met en lumière les zones d’ombre de l’histoire française, les endroits où l’intime a été détruit par le politique. Elle entame cette formidable aventure artistique avec Thiaroye, qui interroge le massacre de tirailleurs sénégalais perpétré le 1er décembre 1944 par l’armée coloniale française. Dans le deuxième volet Quais de seine, elle exhume la répression meurtrière de manifestants algériens par la police à Paris le 17 octobre 1961. Son dernier opus, Diagonale du vide, tire de l’oubli les enfants de la Creuse, ces jeunes Réunionnais déracinés entre 1963 et 1982 afin de repeupler les zones rurales de la métropole. Dans cette fresque théâtrale inédite, Alexandra Badea brise ces silences et donne à entendre ces voix oubliées. Sa mise en scène mêle vidéos et sons au cœur d’une scénographie modulable pour évoluer aisément d’un volet à l’autre.
Avec beaucoup de pudeur et de simplicité, Alexandra Badea interroge la responsabilité de l’Histoire dans les parcelles d’intimité familiale. Une œuvre nécessaire, à découvrir séparément ou lors de l’intégrale*.

ME 24.11 20:00 Thiaroye
JE 25.11 20:00 Quais de Seine
VE 26.11 20:00 Diagonale du vide
SA 27.11 15:00 L’intégrale

 

C’est simple, beau et triste. Ça nous raconte et nous apprend peut-être aussi comment nous réinventer. Alexandra Badea fait une œuvre d’utilité publique et de fièvreuse émotion théâtrale.
Télérama, Fabienne Pascaud, 06/07/19

Un spectacle finalement très poétique, avec une volonté de tracer deux histoires qui passionnent et touchent. On attend avec impatience le troisième volet !
Inferno Magazine, Emmanuel Serafini, 06/07/19