nous n’avons pas vu la nuit tomber

lola molina / lélio plotton / cie léla

 

À la fin des années 90, six jeunes gens déambulent dans le Paris nocturne, capables d’amour et de subversion pour tromper leurs solitudes. Dans cette fresque sensible d’une génération en marge, la compagnie Léla suit, dans un dynamisme cinématographique, les trajectoires de ces personnages puis les retrouve dans un second temps à l’aube d’un nouveau millénaire et de ses noirceurs dramatiques.

Jesse, Baba, James, Paul, Christopher et le Type du Métro fréquentent les lieux underground de la capitale où ils vivent ensemble leurs désirs et leurs craintes. Liberté et insouciance rythment le quotidien de cette constellation d’individus jusqu’à ce qu’un événement brutal les fasse basculer dans le monde des adultes. Les six interprètes s’emparent avec énergie de ce texte organique et le portent avec intensité, revendiquant l’expression d’un théâtre à la fois punk et poétique.

 

Lélio Plotton a le sens du rythme et sa direction d’acteur.ice cisèle chaque geste dans une précision sans gras ni superflu. C’est un théâtre qui fait confiance au théâtre et laisse place aux interprètes, sculptés par les lumières sublimes de Maurice Fouilhé. Véritable partition lumineuse qui découpe et nimbe les silhouettes d’atmosphères changeantes et mélancoliques, la lumière a dans ce spectacle aux airs d’apocalypse qui se clôt en un oratorio triste et blafard comme un lendemain de fête, une place toute particulière. Elle donne à ses personnages noctambules la surbrillance qu’ont les étoiles sur le point de s’éteindre. Comme si l’on assistait à la disparition d’une génération. A sa splendeur autant qu’à sa déchéance.

Marie Plantin – www.sceneweb.fr