l’oiseau-lignes

Poème graphique et sonore

chloé moglia / marielle chatain / cie rhizome

Le vide est le terrain de jeu de Chloé Moglia et défier les lois de la gravité son mantra. Cette intrépide artiste instaure dans ses spectacles un nouveau rapport à l’art de la suspension en se jouant de la pesanteur.

 

C’est avec elle que nous avons retenu notre souffle lors des premiers pas d’Armstrong sur la lune dans l’odyssée musicale de Thierry Balasse, Cosmos 1969*. À mains nues, elle s’enroulait autour d’une spirale, étoile filante la menant vers l’astre céleste. Dans ses multiples expérimentations aériennes, Chloé Moglia s’emploie à jouer avec le corps, les lois de la physique et le vertige. Aujourd’hui, dans ce poème graphique et sonore, elle entreprend de tutoyer les oiseaux. Sur le plateau, telle une feuille vierge, un immense tableau noir surmonté d’une branche d’arbre métallique se remplit de fragments de lignes aimantés, hiéroglyphes poétiques, mots et dessins tracés à la craie par Chloé Moglia et sa complice, la musicienne Marielle Chatain. Elles se livrent à une bataille graphique dans laquelle les signes se répondent, se complètent. Des myriades de petits bonshommes se transforment en nuées d’oiseaux aux ailes déployées. Puis, s’appuyant sur les brisures de la ligne, Chloé prend son envol et s’accroche à la barre surplombant la scène, accompagnée en direct par la création sonore aux accents électro de Marielle.
Le temps se suspend et cet Oiseau-Lignes, entre sculpture et chorégraphie, nous transporte hors de la folie du monde et de sa vaine agitation.
* spectacle accueilli en 2019

 

Chloé Moglia malmène, sans gêne, les lois de la gravité. Une proposition tendre et pas franchement naïve, où s’affrontent blocs de signes contre chant des cimes.

Mouvement, Agnès Dopff, 16/01/20

 

Le mérite de la production de la compagnie Rhizome tient à son espiègle contestation de la ligne droite.

I/O Gazette, Mathieu Menghini, 14/01/20