L’École des femmes

Molière / Christian Esnay / Les Géotrupes

À l’heure de #Metoo, la compagnie Les Géotrupes s’empare de L’École des femmes, la plus féministe des pièces de Molière. Accueillie la saison dernière avec d’enthousiasmantes Fourberies de Scapin, la joyeuse troupe poursuit son exploration du répertoire de Molière, s’approchant au plus près de la tradition du théâtre de tréteaux, énergique et proche du public.

L’École des femmes détricote les ressorts d’une machination redoutable fomentée par Arnolphe, obsédé par la crainte d’être cocu. Il enferme Agnès, une jeune fille pauvre, dans un couvent, dès son plus jeune âge, pour la garder dans l’ignorance. Convaincu du bien-fondé de son entreprise, il s’apprête à l’épouser. Mais, dans sa totale innocence, Agnès rencontre par hasard le jeune et bel Horace. Le projet machiavélique d’Arnolphe s’effondre et sa disgrâce peut commencer. Il ne doute de rien et c’est le chemin tragique de son entêtement, face à une Agnès pas si sotte que ça, qui suscite le rire.
Christian Esnay et ses comparses ramènent le théâtre à sa plus simple expression, celle du langage. Ils font entendre toutes les subtilités du texte de Molière. Dans une scénographie épurée, les comédiens s’en donnent à cœur joie. Christian Esnay incarne un Arnolphe hyperactif, vitupérant sans cesse. En contrepoint, Marion Noone et Jacques Merle, Agnès et Horace, forment un couple d’amoureux apportant fraîcheur et légèreté. Pétillant et drôle !

 

Musique, danse et chansons, la pièce au service de l’émancipation féminine ne rate pas son tir…
hottelotheatre, Véronique Hotte