dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu

philippe dorin / julien duval / cie le syndicat d’initiative

Le temps d’une pensée, avant son dernier souffle, une vieille dame retrouve la petite fille qu’elle a été, pour lui rapporter ses chaussures. Un dialogue s’instaure entre elles mais un inquiétant promeneur rôde, chantonnant sa petite musique. Ensemble, elles tentent de retenir le temps.

 

Le jeune metteur en scène et comédien Julien Duval s’empare du très beau texte de Philippe Dorin, Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu pour parler avec une infinie délicatesse de la fugacité de la vie. Saisi par la beauté de ces mots qui magnifient avec une évidente simplicité l’écart d’âge entre la vieille dame et la petite fille, Julien Duval leur crée sur scène un écrin poétique sur mesure. Avec le scénographe Olivier Thomas, créateur de petites maisons de papier, il imagine un plateau d’une grande pureté qui se modifie progressivement, au son des cordes et des notes célestes de la compositrice Kat May.
Dans cet espace épuré et rempli d’émotion, Julien Duval questionne le grand mystère que sont la vie et son inéluctable échéance. Pas de tristesse ici mais une joie pure et une tendresse infinie qui unissent la vieille dame et la petite fille.
Délicat, sensible et poétique !

 

Il suffit, pour apprécier le texte de Philippe Dorin et la mise en scène de Julien Duval, de s’abandonner et de se laisser emporter par la poésie de l’instant.

I/O Gazette, Auguste Poulon, 17/11/19