Chronique#75

Une nouvelle aventure

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte et son : Dominique Delajot

 

Maison… Maison…Nous y sommes !

Elles et ils sont là dans la nouvelle maison. Après avoir été hors les murs durant dix ans, ils et elles ont vidé leurs étagères en juin 2021, elles et ils… enfin toute l’équipe, a cartonné, mis en boîtes, étiqueté, chargé le camion. Après des allers et retours chacun a dit adieu à ce lieu qui était le leur, l’un a poussé les volets l’autre a refermé l’huis, avec sans doute un dernier coup d’œil sans regret à la forêt de bambou qui les séparait tous de la rocade verte. Fini, les fenêtres aux grilles rouillées, terminé, les va-et-vient entre l’auditorium et le Prado, oublié, les soirs d’hiver à longer le canal pour rejoindre le centre-ville. Tout ça se conjugue au passé…

Les locataires de la dernière décennie ont déménagé à l’heure où commençait à sévir la canicule, après la fenaison, mais avant l’été.

 

Khim, directeur technique de la maisondelaculture

 

Et même si les travaux de la nouvelle maison n’étaient pas terminés à la mi-juin, quel bonheur d’être ensemble !  Alors que les sièges du grand théâtre étaient encore recouverts d’un film de protection, que les escaliers restaient poussiéreux, que certains murs attendaient la peinture, toute la joyeuse bande était sous le même toit tel l’équipage avant le grand départ. Parce que c’est avec l’émotion des grands départs que tout le monde s’est ainsi retrouvé, réuni. Depuis le temps qu’on file la métaphore maritime, poursuivons ! Les navigateurs au long cours ont pris leurs postes.

Olivier, le boss, possède maintenant la clef. Elle ouvre toutes les portes, toutes ! Elle est si performante et impressionnante par son dessin que forte est l’envie de l’écrire avec une majuscule. La Clef ! La Clef ! Elle force le respect. Le bureau directorial, la timonerie en quelque sorte, offre une vue sur les grands arbres de Séraucourt. De beaux arbres qui baignent de leurs ombres les baies vitrées. Ce n’est pas le seul bureau qui bénéficie des frondaisons, ils sont plusieurs sur cette aile à jouir du point de vue. Après dix ans d’exil, les cap-horniers apprécient le confort.

 

Olivier Atlan, directeur de la maisondelaculture

 

Tradition oblige, à l’issue du grand déplacement, il fallait partager le verre de l’amitié, en extérieur, le jour de la Saint-Barnabé, sur le quai de déchargement des décors, avec en arrière-plan, en intérieur : la grande scène. C’était beau comme un lever du jour, un lever de rideau, un lever de soleil avec en fond l’horizon prometteur. Nous ne le répèterons jamais assez, comme il a été dit le 18 avril 1964 à une portée de voix de la nouvelle et grande maison : « il faut bien comprendre que ce qui se passe ici est une certaine aventure ».