Chronique #72

Culture, Agriculture

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte et son : Dominique Delajot

 

Un chantier est un ensemble d’œuvres. Un opus en quelque sorte, une somme concrète d’un labeur, mot dont celui de labour est issu, tous ces termes possèdent des racines qui s’entortillent.

Un chantier est un tout, un opéra qui parfois fascine par sa complexité et qui nécessite de l’ouvrage. Ne nous perdons pas dans un labyrinthe sémantique, ne grattons pas trop les strates. Sans jouer les archéologues amateurs, n’empêche, il existe un lien incontestable entre la culture et l’agriculture. D’abord d’un point de vue étymologique, mais aussi parce que nous sommes là sur un terrain où pousse la métaphore sans forcer. Cultiver est un verbe et un vaste sujet également dans sa forme réfléchie, se cultiver.

Donc, le chantier de la nouvelle Maison de la Culture intéresse tout le monde. Depuis le début des travaux il y a eu des dizaines de visites en groupes, des professionnels de l’économie, de la santé, des étudiants, des enseignants, des politiques… Et la semaine dernière, les membres du bureau de la Chambre d’Agriculture du Cher se sont rendus sur le site avec le président Etienne Gangneron, tous guidés par Olivier Atlan, directeur de la Maison de la Culture.

 

 

Ville et campagne se complètent. Les paysages se dessinent. Ne parle-t-on pas de plus en plus aujourd’hui d’architecture paysagère quand il s’agit de comprendre nos espaces qui font la richesse des territoires. En cela, la visite des agriculteurs démontre l’intérêt des femmes et des hommes qui élèvent, cultivent. Toutes ces cultures se côtoient, se rencontrent, le monde est fait de cultivateurs. « Profitons de cet équipement, pour croiser nos visions, pour créer du lien » a dit Etienne Gangneron.

Ils sont allés donc de la grande scène, habillée de son parquet, à la salle de répétition. Accompagnés par le son des outils, dans le brouhaha généreux engendré par les bruits mêlés des voix, des raclements et des percussions, les agriculteurs ont arpenté la grande maison. Des cintres pendaient des filins, et aux rythmes des pas portés par les cartons protégeant les premières moquettes et les premiers planchers, les visiteurs ont apprécié les lieux.

 

Après être passé par l’imposant hall d’accueil, le groupe s’est retrouvé à l’extérieur en haut du grand escalier donnant sur Séraucourt. Les uns et les autres ont échangé leurs impressions. Il s’est passé quelque chose ce jour-là, il s’est dit qu’il pouvait y avoir quelques cheminements communs, les arbres de la place étant les témoins de ces derniers échanges sous un soleil généreux.