Chronique #66

Être dans la vie et dans la ville

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte et son : Dominique Delajot

 

« Être dans la vie et dans la ville »

 

« J’ai envie de recréer un lien public-artistes ». Olivier Atlan a prononcé cette petite phrase dès son arrivée à Bourges en 2011. Et il le dit encore aujourd’hui : « pour moi le plus important c’est d’être dans la vie et dans la ville, et dans la ville et dans la vie. Mon rôle c’est de faire se rencontrer les gens, c’est à dire le public avec les artistes et aussi les artistes entre eux ». En Janvier de cette même année 2011, candidat à son futur poste, Olivier Atlan avait déjà présenté son projet par écrit comme : « un projet artistique et culturel à concevoir et développer au plus près des habitants ». Dix ans ont passé, il a fait ce qu’il a dit.

Le directeur de la Maison de la Culture durant la dernière décennie, n’a pas eu la tâche facile, lui et son équipe ont été privés d’un espace physique estampillé, puisque la maison a cohabité avec le conservatoire de Bourges dans l’auditorium.  La structure Maison de la Culture a cependant navigué en maintenant le cap, en découvrant et en faisant découvrir des territoires inconnus.

Olivier Atlan aime les voyages et les grands déplacements donc les imprévus, mais il ne s’attendait pas à vivre et faire vivre aux spectateurs de Bourges et d’ailleurs, dix saisons hors les murs. La nouvelle MCB devait ouvrir en 2013/2014.

 

 

« Une équipe formidable »

 

Après avoir œuvré au centre dramatique de Béthune, après Quimper, Chambéry, Grenoble, Tarbes, Tulle, …
le Clermontois a donc posé son bissac en Berry.

Musicien et architecte doté d’une longue expérience de gestionnaire d’entreprises culturelles, il n’a pas l’habitude de parler à la première personne tant il a du respect pour le travail de son équipe. Tous ensemble ils ont essuyé quelques tempêtes avec de fortes houles. Il faut dire que la symbolique de l’ancien site de la MCB avait créé des attachements profonds.

Au début il a fallu s’accrocher au mât pour affronter le tangage, mais comme le rappelle Olivier Atlan qui invite souvent dans le débat l’œuvre de René Char : « Les routes qui ne promettent pas le pays de leur destination sont les routes aimées ». Fervent amateur de littérature, le directeur de la grande Maison aime faire référence au poète et résistant dont il récite souvent des extraits de textes, avec sa voix de stentor et sa barbe de héros Homérique. L’analogie est tentante quand on sait que le voyage d’Ulysse a aussi duré dix ans pour revenir à Ithaque.

Et le boss ajoute « Nous avons certes pris des chemins de traverses, mais tout cela a un sens. Nous avons réussi à tirer le fil qui nous amène aujourd’hui à l’ouverture d’un lieu symbolique ».

Un lieu qui sera : « une ruche » avec une grande salle et sa jauge raisonnable de 700 places, mais aussi avec un magnifique espace de répétition et une autre salle de 200 places, ainsi que deux salles de cinéma.
Un : « outil qui offre beaucoup de possibilités et qui est très facilement gérable » grâce aux équipements modernes dont il est doté.

 

 

Avec l’équipe et avec le public

 

Olivier Atlan est un passionné qui entre dans une nouvelle vie : « avec cette maison et cette longue période je sais que dans quinze ans, vingt ans… il me restera toujours cette impression d’avoir participé à une histoire qui va temporellement tous nous dépasser. Et j’en suis fier parce que nous l’avons fait avec l’équipe, le public et tous ceux qui nous ont soutenus ».

Alors voilà Bourges en possession d’un nouveau lieu culturel à la hauteur des ambitions de la cité de Jacques Cœur mais aussi de son image. « Je pense que Bourges est une capitale culturelle, je ne connais pas d’exemple équivalent en France, cette ville possède un patrimoine et une histoire, et tout existe encore aujourd’hui, avec des équipements et des structures culturelles très modernes. « Le terreau est encore fertile », ajoute Olivier, avant de conclure : «   Je ne me suis jamais autant investi dans une ville ».