Chronique #63

Les métamorphoses d’Olive

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte et son : Dominique Delajot

 

C’est au bout du bout de la ville, entre l’Yèvre et le canal de Berry, exactement là où la route devient chemin, où la rue du Pré Doulet disparaît sous les grands arbres à un jet de pierre de la rocade verte, que nous nous arrêtons.

Ici, derrière un portail métallique suranné, une demeure vétuste, une maison sans caractère s’impose au fond d’un jardin abandonné aux côtés d’un hangar et d’un local tout en longueur qui jouxte l’entrée des lieux.

Un local aux fenêtres protégées par d’épais barreaux et baptisé par les usagers « le Pavillon de chasse ». Une dénomination qui le classe dans l’échelle des valeurs par rapport à la grande demeure surnommée : « Le château » qui n’a cependant rien d’élyséen. Il faut avoir de l’humour, car : «  l’humour c’est aussi une façon de résister »,  comme disait Guy. Travailler pour le spectacle vivant en cet endroit, durant dix ans, cela pourrait relever de l’exil, du sacerdoce, du dévouement.

Alors nous voici en ces lieux isolés du monde et de la ville. Mais le calme extérieur cache une activité de fourmilière. Loin des regards, dans cet îlot perdu s’active une partie de l’équipe de la maisondelaculture.

Or donc, au fond du long couloir du Pavillon de chasse, dans un bureau éclairé par un peu de lumière du jour et beaucoup par le génie et l’inventivité des occupants, derrière un ordinateur se tient Olivier. Encore un ! Eh oui ! Les habitués l’appellent Olive, histoire de ne pas se mélanger les pinceaux durant les discussions, car le boss porte le même prénom.

Olive est face à son écran, il est entouré d’une pile de documents aussi subtilement rangés que les cheveux du propriétaire en ce lundi matin. C’est ici, face au bureau de Catherine, la directrice de l’information, qu’il passe la majeure partie de son temps à concocter les montages, à cuisiner les images, à lier les documents entre eux pour les rendre clairs et lisibles.

Olive-Olivier, est graphiste, il est aussi le Monsieur vidéo de la Maison, il est pour ainsi dire le cuisinier de la com, le chef incontesté des recettes esthétiques, l’homme de l’ombre est d’une redoutable efficacité.

Il joue de la métaphore culinaire pour parler de son métier. « Je cuisine les images, j’aime utiliser ce terme là. Je les adapte les images, je les adapte aux différents supports que nous utilisons, que ce soit pour le numérique ou pour le print. »

 

Trois lieux en vingt ans

 Olive, c’est l’homme-orchestre des publications. Il métamorphose les images, il les anime aussi. Il fait passer le message, il met en appétit et il sait la bonne formule pour capter l’attention. C’est le passeur de l’avant et de l’après.

Il est entré à la Maison de la culture (on n’écrivait pas encore maisondelaculture), il y a vingt ans après avoir suivi le cursus de l’école supérieure d’art de Bourges. Cinq ans d’étude dans le domaine artistique, ça forge un professionnel.

Depuis dix ans, il travaille ici, loin de tout, loin d’une partie de l’équipe et des artistes.

Alors il était évidemment présent lors de la dernière visite de la future nouvelle maison, ce que nous appelons encore : le chantier. Comme beaucoup de ses collègues il voit s’approcher la date avec impatience, il imagine bien maintenant le jour où il s’installera en ces lieux.

 

 

En attendant Olivier a évidemment du grain à moudre, des images à touiller, des vidéos à concocter, des messages à émulsionner, de l’information à mitonner. Bref, Olivier s’active toujours avec autant d’appétit aux fourneaux de la communication visuelle.