Voilà l’été !

Chronique dessinée # 51

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte : Dominique Delajot

 

Une saison s’achève, une autre s’annonce. Cette année culturelle a été aspirée dans la faille créée par la crise sanitaire et elle s’est évanouie dans un autre espace-temps. Du moins nous pouvons l’imaginer ainsi, un peu comme dans l’univers d’un récit teinté à la mode kiss & cry, sublime spectacle programmé en novembre dernier. Elle fut tronquée, interrompue, comme effacée en fondu enchainé sur un silence, in fine, d’où l’imagination a su puiser d’essentielles ressources.

Moteur !

La maisondelaculture propose durant l’été du septième art en plein air. À l’instar des pédagogues qui invitent le milieu éducatif à réfléchir à faire école dehors, inspirés par un courant ancien, qui rappelle que notre rapport à la nature est vital, voilà du « cinema paradiso ». Ainsi, tous les mercredis, à nuit tombée, au Prés Fichaux, au jardin des Gibjoncs et à la plage du Val d’Auron, la culture se projette, se balade, comme elle l’a fait depuis dix ans. La maisondelaculture a investi le territoire, souvent avec des rendez-vous à l’auditorium, mais pas uniquement. Une décennie hors les murs.

« Continuons à faire ce que nous avons appris à faire et accentuons-le encore », dit Olivier Atlan, le directeur. Car oui son équipe a appris. Elle a appris à être réactive, créative, enfin elle l’était déjà, mais dix années d’expérience c’est forcément s’échapper du formatage, ignorer le cloisonnage. « Cela nous a fait réfléchir différemment. Nous avons su être très réactifs », reconnaît le boss.

 

Olivier Atlan

Mais ne nous méprenons pas : la maison en construction, qui sera inaugurée en septembre 2021, est un territoire chaleureux, généreux : « avec de la lumière sept jours sur sept », comme aime à le dire Olivier. « Et ce n’est pas parce que nous allons intégrer la nouvelle maison que nous allons nous y enfermer ».

Cela n’a échappé à personne, une maison c’est le port d’attache de la convivialité. D’ailleurs Olivier aime bien les métaphores maritimes : « il faudra apprendre à connaître notre nouveau bateau, voir comment il réagit au vent, comment il manœuvre… », le capitaine ne sera pas souvent dans sa cabine, tout comme l’équipage qui sait être à tout heure sur le pont.

 

Parce qu’une maison comme celle-ci, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une ou plusieurs salles de spectacles à remplir, c’est de l’éducation, de la formation, de l’information, mais c’est aussi un lieu de création. C’est une scène nationale qui rayonne largement, qui produit du sens, qui l’essaime, c’est une maison ouverte, incarnée par un directeur très impliqué qui connaît aujourd’hui les aléas et les bonheurs qui font les longues et belles traversées.

Alors en attendant la nouvelle saison, la dernière avant d’arriver à la maison : bon été !

 

carnets de bord