Les grues se sont envolées

Chronique dessinée # 50

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte : Dominique Delajot

 

Ça cloue, ça visse, ça racle, ça ponce, bref, ça turbine sur le chantier de la maisondelaculture. Et nous voilà déjà à la cinquantième chronique de ce carnet de bord.
Souvenez-vous ! Le 19 mars 2018 c’était le début des travaux avec une pose de la première pierre le 25 avril de la même année. Au fil des mois les ouvriers ont été parfaitement dans le timing, une vraie horloge bien à l’heure. Et puis il y a eu le confinement, les travaux se sont arrêtés, ensuite ils ont repris mais à un rythme plus lent.

Un retard limité

« Les entreprises qui interviennent maintenant sur le chantier sont hyper-spécialisées, elles viennent parfois de loin, et donc pendant quelques temps elles ne pouvaient pas proposer aux ouvriers le nécessaire en termes de logistique. Puis petit à petit les hôtels ont rouvert. Mais les procédures d’intervention mises en place ont impliqué des équipes plus légères », explique Rabah Khima, le directeur technique de la maison que nous avions déjà rencontré pour la chronique 18 du carnet de bord. Tout le monde l’appelle Khim, et Khim n’est pas alarmiste du tout. Selon lui : « le retard est extrêmement limité. Ce qui fait que l’inauguration sera repoussée de trois mois ». Elle aura donc lieu en septembre 2021, à l’heure de la rentrée.

Khim, c’est l’homme qui aujourd’hui connaît le mieux le dossier, le chantier, la technique. Parce que ce n’est pas rien cet énorme bâtiment qui naît sur les pentes de Séraucourt. Certes, extérieurement tout est hors d’air, hors d’eau, comme disent les professionnels. Ce qui signifie que le gros œuvre est terminé. Il ne reste plus une seule grue. Tout le monde sait en Berry : quand les grues repartent c’est le signe d’un changement de saison…

Bref : ne nous trompons pas, à l’intérieur il y a encore beaucoup de travail. « La machinerie, pour un tel bâtiment, c’est le cœur et à la fois le cerveau. C’est le disque dur de l’ordinateur » selon le directeur technique. Concrètement, imaginez à 18 mètres ce que les professionnels appellent le grill où sont accrochés tous les moteurs, il est en cours d’installation.

Des entreprises de référence

L’entreprise qui travaille actuellement sur cet équipement est intervenue sur le chantier de la Philharmonie à Paris. Dans ce domaine c’est de l’orfèvrerie en grand format. On ne rigole pas, des tonnes de matériel sont suspendues et en plus ces installations sont mobiles. Les porteuses qui sont des grands tubes de 23 mètres de long, il y en a une quarantaine, peuvent descendre de plus d’un mètre par seconde jusqu’à hauteur d’hommes et porter 500 kg de matériel. Le tout est informatisé… Plus de guinde à tirer à la main, voilà qui demande effectivement de la maîtrise.

Et si Khim suit tout le chantier de A à Z depuis le début, son aventure ne va pas se terminer là. Commencera bientôt pour lui la mise en place de l’interface homme-machine. Un peu ce que l’auto-école apporte aux jeunes conducteurs. Les conducteurs sont les utilisateurs. Khim suit le programme depuis 2013, son avis est écouté, respecté. Dans une salle de spectacle tout est compliqué : on ne badine pas avec la sécurité.

Voilà l’État des lieux, nous vous parlerons de la couleur des tissus quand tout sera choisi. L’heure n’est pas arrivée, pour l’instant, il faut savoir qu’il y a encore de la poussière dans les couloirs.

 

 

 

 

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