Il est éteint, le navire bruit.

Chronique dessinée # 43

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte : Dominique Delajot

Donc, nous voilà dans cette situation, dans un temps suspendu, avec entre nos mains un calendrier destitué et au loin une scène en pause, plongée dans ce que nous imaginons être une obscurité silencieuse.

Une scène juste habitée sans doute de quelques craquements sourds.  Oui ! c’est le mot silencieux qui revient, comme dans notre précédente chronique. Silencieux nous le sommes aussi, enfin un peu, presque dans l’attente, nous sommes à quai. Confinés aux confins d’un espace déserté, nous venons de jeter les amarres, comme celles d’un navire qui trouve refuge dans un port plongé en quarantaine. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il y a du monde. Dans les cabines beaucoup sont à la tâche et s’activent à préparer l’à-propos d’après. Si l’improvisation s’est invitée, il y a de quoi dans la cambuse. Oui, très vite les rôles ont été distribués. Ah, ce n’est pas simple, certes, mais ce n’est simple pour personne.
Où sont-ils donc, que font-ils ?

Les crayons, les couleurs et les mots à dessein, sont là pour nous emmener percevoir cette étrange pause. Dans ce silence, encore lui, nous entendons le ronronnement rassurant de la salle des machines, au ralenti, la légère vibration témoigne de l’attention permanente et du monde qui continue de bouger.  

Il a été dit qu’il s’agissait de rédiger un carnet de bord, alors nous continuons à rédiger, à parler, à dire, à tracer, à montrer. Tout en restant en bordure, à distance, racontons, imaginons, et usons du tube acoustique dans notre embarcation pour écouter ce beau monde à bord, qui s’affaire dans l’incertain mais qui poursuit son œuvre. Le spectacle est vivant. Allez, on se jette… allo !

Olivier Atlan, directeur de la maisondelaculture

carnets de bord