Splatch ! bling ! et autre vlan !

Chronique dessinée # 41

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte : Dominique Delajot

« Il n’y a rien de mieux que le direct », à la radio, à la télé et maintenant au spectacle, tous les artistes vous le diront : « oui, il n’y a rien de mieux que le direct ». Nous l’avons vu au mois de février à la maisondelaculture, mais nous nous en doutions un peu, depuis Kiss & Cry en décembre dernier. Même si en terme de matériel et de participants, Kiss & Cry était plus… enfin un peu plus spectaculaire.
Le duo Stereoptik, et sa première création éponyme en a scotché plus d’un. C’est bien le terme scotché qu’il convient d’employer, c’est à l’image de ce que nous ont montré Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet avec ces dessins, ces découpages, ces notes, ces collages, ce sable, ce son, cette peinture.

 

 

 

Comme l’acteur joue devant son public, le dessinateur et le musicien s’expriment, et comme le musicien joue face à la salle avec les instruments, le peintre peint ou trace même parfois, comme ça, simplement sur du sable rétroéclairé des formes, crée des images. Et celles-çi, projetées sur grand écran prennent une autre dimension. À l’ancienne a-t-on envie de dire. « Ça fait comme un film » a expliqué un élève de Morogues, lors d’un interview dans le cadre des p’tites critiques.
Parce que les enfants l’ont aimé ce spectacle, les adultes aussi, comme ils ont aimé Stellaire, de la même équipe, quelques jours après. Et cerise sur le gâteau, l’exposition mise en place par la maisondelaculture offrait une autre facette du travail des deux artistes. Voir l’expo c’était comme prolonger un bon moment, comme quand on ne veut pas quitter quelqu’un, comme ça, parce qu’on est bien. Parce qu’il faut le reconnaître, quand vous voyez en grand, en très grand, apparaître juste un trait informel, puis deux traits, trois, quatre, et d’un coup vous entrevoyez une foule qui se dessine, alors vous vous dites que l’imaginaire, la créativité, ça vous colore la vie, c’est magique.

D’autant que le monde de ce super duo, fait de super héros, il est spatial, habité de rêves et de références de jeunesse, comic strip cosmic, un festival de bidouillage, de belles histoires et de beaux sons, soufflés et projetés en fines particules de merveilleux. C’est un peu ça, nous sommes pris dans un univers où les étoiles et les belles aventures nous confortent. « Fantastique, créatif, passionnant, surprenant… » les enfants de Morogues ont tout dit.
Après, une petite heure, peut-être, un peu moins, ça dépend, donc seulement après, une fois sortie de tout ça, quand nous nous réveillons, nous nous disons qu’une trace, un peu de lumière, beaucoup de talent, enfin… que tout ça c’est une portion de bonheur, un espoir à croquer dans le bruit, dans le brouhaha, dans le tumulte de notre quotidien.

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