Une passion vive

Chronique dessinée # 37

Dessins : Cathy Beauvallet
Texte : Dominique Delajot

 

La culture est un incessant rappel de la vie, la culture est un courant elle est toujours
en mouvement, jamais elle ne s’arrête. Lynda puise dans ce torrent, elle n’étanche pas
sa soif, n’apaise pas son appétit de spectacle vivant. Lynda se nourrit du théâtre et
de la danse, de la musique, des pratiques en ateliers et ne cesse de voir, d’entendre,
d’écouter et de regarder les gens de scène.
Lynda s’alimente du jeu d’acteur, du langage chorégraphique, elle est là, assidue,
à suivre les rendez-vous de la maisondelaculture comme par nécessité absolue,
poussée par un vital besoin.
Ce siècle avait à peine dix ans quand, jeune mère de famille, elle participe à un atelier
d’Alexandre Galopin. Les premiers stages de danse contemporaine proposés par ce
que l’on appelait encore la MCB, lui font reprendre cet appétit de culture qui devient
insatiable. La danse, qu’elle avait un peu pratiquée enfant, est la grande porte qui
l’a fait entrer dans le vaste jardin de la création. Membre de la jeune compagnie de
théâtre Maleluka, elle orchestre sa vie au rythme de ses passions artistiques, là où
l’emmène le génie du hasard convoqué par son ouverture d’esprit. Photographe,
infographiste, peintre, toute sa vie semble tissée du même fil.
Timide, qualité qui lui a permis de découvrir la pratique d’acteur et ainsi de participer à
la déambulation Rêves de Bourges, elle prend ce que la culture ici lui offre.

Où brille la lumière
Alors certes, la maisondelaculture n’est pas l’unique source où Lynda prélève son
essentiel aliment, mais le lieu est aussi l’agora nécessaire au partage. Ce moment
durant lequel chacun offre sa portion dans la dispute, au sens noble du débat. Quand
l’échange poursuit le plaisir du texte et du geste scénique.
Dans cet esprit, Lynda attend presque fébrile car elle attend depuis si longtemps
l’ouverture de la nouvelle maison sur les pentes de Séraucourt. Parce que le
spectateur a besoin aussi de se sentir un peu chez lui, le spectateur a besoin de savoir
qu’il existe un endroit ou toujours brille une lumière, pour reprendre un propos d’Olivier
Atlan, le directeur des lieux.
D’ailleurs, accompagnée de ses enfants, Lynda va régulièrement derrière le long
grillage du chantier, regarder le bâtiment en devenir, comme s’ils observaient
ensemble un cocon qui devient par étapes un bel imago. « Je suis impatiente. La
future maison pourra accueillir des créations plus importantes grâce à la nouvelle
scène. Impatiente de profiter de tous ces lieux, je pense à la Black Box, la petite salle,
et toutes les possibilités que nous aurons pour vivre des spectacles en immersion. Je
suis impatiente aussi que nous puissions échanger dans un espace vraiment
convivial ».
Il faut attendre un an encore pour que le public profite de ce nouveau territoire, de
cette terre si sincèrement désirée. Un an pour enfin prendre pied dans cet espace vers
lequel déjà les esprits curieux, ouverts, créatifs, semblent tous converger.

 

 

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